Une impression de déjà-vu - Jessica Rodiguez
Jessica Rodiguez

Mannequin à mes heures, j’emploie la moitié de mon temps à finaliser mes études en esthétique et pour rencontrer le prince charmant. Parce que ce n’est pas toujours facile d’être célibataire de nos jours pour une romantique comme moi. Oh non! C’est d’ailleurs pourquoi ce blogue existe: pour vous raconter – façon sex and the city – mes péripéties de célibataire à Montréal.

Une impression de déjà-vu

J’étais sûr que j’avais déjà vu cet homme à quelque part. Voilà la réflexion que je me faisais pendant une soirée entre amis. Grand, avec une carrure imposante, celui qui ne m’était pas inconnu était très discret, malgré son physique qui ne l’était pas. Je discutais avec Mathias qui s’occupait de la Gérance de construction Rive Nord. Il était heureux d’avoir vu son projet aboutir. J’avais été invité à l’inauguration de son nouvel immeuble à logements. Ce serait un samedi soir, deux semaines plus tard. Ma proposition d’apporter des gâteaux individuels avait été accueillie avec joie. Une fois que j’ai réglé les détails avec Mathias, je suis parti me restaurer. Un buffet avait été dressé dans le salon. Il communique avec la terrasse. La nuit était magnifique, c’était un soir merveilleusement doux et agréable. Mon assiette, que j’avais remplie avec la salade de tomates et les concombres à la crème, fut vite avalée.

Les mets étaient disposés sur une table ; elle avait été déplacée de la cuisine à cette pièce. Recouverte d’une nappe jaune, qui cachait ses pieds, la table était pleine de charcuteries, de fromages, de légumes de saison assaisonnés avec originalité et de divers pains. Nadine, qui était la propriétaire du lieu, avait une prédilection, à ce moment-là, pour les pains agrémentés de sésame, de noisettes ou même de raisins secs. Au seigle, au blé complet, à la châtaigne, les pains étaient destinés à accompagner les fromages et les légumes. Cependant, j’en avais goûté, lors de mes précédentes visites, et ils avaient été meilleurs que les plus fondants de mes gâteaux.

Lorsque j’étais revenu du buffet, Mireille conversait avec cet homme. Le profil masculin m’était familier. Quand je vis le visage dans son entier, il m’a évoqué un temps passé de plusieurs années. Pendant que je l’observais, je n’ai pas entendu que Marianne me demandait de la raccompagner chez elle. Nous sommes voisins, et nous nous relayons pour conduire au retour des soirées. J’étais déçu de ne pas pourvoir aborder celui que j’avais connu de nombreuses années auparavant. Je suis rentré chez moi, et juste avant que je m’endorme, les souvenirs me sont revenu. J’étais âgé de six ans quand nous étions devenus amis. Il était parti sept ans plus tard, et je n’avais plus jamais entendu parler de lui, jusqu’à ce soir-là. J’espérais avoir son numéro de téléphone par Nadine, qui devait sûrement le connaître, puisque c’est elle qui l’avait invité. Ce fut ma dernière pensée avant de sombrer dans un profond sommeil.